Rougeur persistante sur une zone d’appui ne disparaissant pas à la pression digitale : ce critère clinique distingue le stade 1 d’une simple irritation cutanée. Pourtant, dans près d’un tiers des cas, un diagnostic erroné retarde la prise en charge. Les recommandations insistent sur la vigilance dès l’apparition des premiers signes, car une évolution rapide vers des lésions plus profondes reste possible même en l’absence de plaie ouverte.
Confondre une escarre superficielle avec une réaction inflammatoire banale conduit souvent à sous-estimer le risque d’aggravation. Maîtriser les critères de distinction permet d’éviter des complications sévères et d’optimiser la prévention.
Rougeur, chaleur, douleur : comment reconnaître une escarre de stade 1 sur une photo sans confusion
L’escarre, aussi appelée ulcère de pression ou plaie de décubitus, commence le plus souvent par un signal discret : une rougeur persistante sur une zone d’appui. Sur photo, le diagnostic peut sembler délicat. Pourtant, quelques indices permettent d’éviter l’erreur. La rougeur d’une escarre de stade 1 ne blanchit pas sous la pression du doigt, contrairement à un simple érythème d’irritation ou à une dermatite de contact.
Voici les principales localisations où repérer ces signes :
- talons
- sacrum
- fesses
- et aussi hanches ou malléoles chez la personne âgée alitée.
La peau garde son intégrité : aucune ulcération, aucune fissure. Mais un aspect lisse, tendu, parfois luisant, peut être visible. Douleur au toucher ou sensation de chaleur locale se manifestent fréquemment en début de lésion.
Tableau clinique des localisations fréquentes
Pour mieux distinguer les atteintes selon la zone, voici les particularités à connaître :
- Escarre talon : zone arrondie, érythème bien délimité
- Escarre sacrum : placard rouge, souvent symétrique
- Escarre fesse : rougeur diffuse, parfois difficile à cerner sur peau foncée
La photo d’escarre de stade 1 n’a de valeur qu’associée à l’observation clinique. Chez une personne à mobilité réduite, ces premiers signes doivent inciter à une réaction rapide. Il suffit de constater la persistance de la rougeur, l’absence de blanchiment : ce sont là les marqueurs d’une lésion débutante. Agir à ce stade, c’est éviter l’aggravation.
Les signaux à ne pas négliger pour agir dès les premiers signes d’escarre
Tout commence par une pression prolongée sur une zone d’appui : les tissus, privés d’oxygène, s’abîment, la peau rougit. Mais la formation d’une escarre ne s’explique jamais par un seul facteur. Friction, cisaillement, humidité : ces éléments accélèrent la vulnérabilité de la peau, surtout chez ceux dont la mobilité est réduite ou l’état nutritionnel fragile.
Face à une photo, la prudence s’impose. Rougeur persistante, pas de blanchiment à la pression, chaleur inhabituelle : ces signaux, même ténus, doivent attirer l’attention.
La surveillance des zones à risque, talons, sacrum, fesses, hanches, malléoles, s’impose chez la personne âgée alitée. Un changement de coloration, une douleur au toucher ou des picotements précèdent parfois l’apparition franche de l’érythème. Les protocoles de la Haute Autorité de Santé (HAS) encouragent d’ailleurs l’identification rapide de ces premiers signes pour déclencher sans attendre les mesures adaptées.
On agit alors sans délai : changement de position fréquent, réduction de la pression avec un matelas anti-escarre ou un coussin adapté. L’hydratation de la peau, le maintien de l’hygiène, un apport nutritionnel suffisant viennent compléter ces gestes. Prévenir l’escarre ne s’improvise pas : tout repose sur la coordination et la régularité des soins, main dans la main avec l’équipe soignante. Lorsqu’on intervient à temps, la progression vers des stades plus graves et les complications, infection, cellulite, ostéomyélite, sepsis, peuvent être évitées.
Rester attentif au moindre signe, c’est offrir à la peau une chance de se défendre. Le temps joue contre nous, mais chaque geste compte pour préserver l’intégrité du patient.


